L'homme qui but sa propre bactérie

De Marshall aux quadrithérapies : comment un champion de yo-yo australien a révolutionné la médecine... et survécu

En juillet 1984, dans un laboratoire de Perth, un gastro-entérologue de 32 ans s'apprête à commettre l'un des actes les plus audacieux de l'histoire médicale : boire un cocktail de bactéries vivantes pour prouver une théorie que personne ne croit.

L'enfance d'un futur Nobel à Kalgoorlie

Cette histoire commence vraiment en 1951 à Kalgoorlie, cette ville minière d'Australie-Occidentale où l'on apprend la vie à la dure. Barry Marshall naît dans une famille d'ouvriers : son père mécanicien navigue entre les baleiniers de Carnarvon et les bateaux de pêche, sa mère est infirmière. "J'étais un petit gamin toujours puni", se souvient-il. À Kalgoorlie, Barry grandit dans une ambiance Far West australien où les gosses de six ans se baladent avec des frondes et des arcs. "Vous deviez faire attention aux enfants que vous insultiez, ou à qui vous gagniez des billes."

En 1972, Barry Marshall a un talent particulier : le yo-yo. Il devient champion d'Australie-Occidentale. Enfin, presque. "Les gens racontent que j'étais champion australien plusieurs années de suite", rectifie-t-il méticuleusement sur son blog des années plus tard. "La vérité, c'est que j'ai gagné les qualifications dans ma catégorie d'âge à Perth, mais j'ai été éliminé en finale. J'ai quand même gagné 24 bouteilles de Coca-Cola qui ont été livrées chez moi dans la rue. Tous les gamins du quartier ont eu leur Coca cet après-midi-là, par une journée chaude. J'étais plutôt célèbre localement, dans un rayon de 100 mètres autour de ma maison. Je sais encore jouer au yo-yo."

🎯 La précision obsessionnelle de Marshall

Cette maniaquerie du détail, ce besoin de rectifier les légendes qui s'installent... on tient déjà le futur scientifique qui va passer sa vie à corriger les idées reçues. De champion de yo-yo local à Prix Nobel : il n'y a parfois qu'un pas.

Kalgoorlie dans les années 1950, ville natale de Barry Marshall

Kalgoorlie dans les années 1950 - ville minière du Far West australien où grandit le futur Prix Nobel

La découverte qui dérangeait tout le monde

En 1981, Barry Marshall, jeune gastro-entérologue en formation au Royal Perth Hospital, cherche un sujet de recherche. "La plupart des gens qui faisaient des projets de recherche bossaient sur des trucs plutôt ennuyeux", avoue-t-il. "Alors quand j'ai eu l'opportunité d'enquêter sur une possible nouvelle bactérie dans l'estomac, je me suis dit que ça avait l'air intéressant."

Le "possible" est important, car à cette époque, tous les manuels de médecine l'affirment : l'estomac est stérile. L'acide gastrique, dilution au dixième d'une batterie de voiture, tue tout. Point final. Les bactéries ne peuvent pas survivre dans un environnement au pH de 1,5.

Robin Warren, pathologiste de 42 ans au même hôpital, pense différemment. Cet homme méticuleux, réservé, observe depuis des mois des bactéries spiralées dans les biopsies gastriques de ses patients. "Robin m'a montré ces organismes sous son microscope, et franchement, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi les autres n'étaient pas intéressés", se souvient Marshall.

Les manuels disaient que les bactéries ne pouvaient pas vivre dans l'estomac, et Robin passait tout l'après-midi à me montrer tous ces cas, et c'était clairement la même bactérie, et ces trucs prospéraient dans l'estomac.
Barry Marshall
Barry Marshall et Robin Warren dans leur laboratoire de Perth en 1982

Barry Marshall et Robin Warren dans leur laboratoire du Royal Perth Hospital - le duo qui allait révolutionner la gastroentérologie

Warren avait même développé un petit côté sarcastique. Quand les chirurgiens venaient présenter leurs cas d'ulcères opérés, il ne pouvait s'empêcher de commenter : "Bon travail les gars, vous avez découpé les bactéries !" Une pique pour rappeler qu'on ne traite pas les bactéries avec un bistouri, mais avec des antibiotiques.

Le duo lance une étude systématique sur 100 patients. Résultat stupéfiant : 100% des patients avec un ulcère duodénal ont cette bactérie mystérieuse. "Personne ne va croire ça", se dit Marshall. "On cherchait désespérément quelqu'un, n'importe qui, qui avait un ulcère duodénal sans Helicobacter, mais dans cette série, on n'en trouvait pas. 13 patients sur 13 l'avaient."

Une découverte... vieille de 100 ans

En fait, cette bactérie spiralée avait déjà été découverte 100 ans plus tôt. En fouillant la littérature médicale, Marshall tombe sur les travaux de Giulio Bizzozero, anatomiste italien qui en 1892 étudiait les estomacs de chiens. "C'était son projet de week-end", raconte Marshall. "Il découpait des chiens et avait trouvé des spirochètes acido-résistantes dans l'estomac des chiens. Donc 100 ans avant nous, il savait que les bactéries pouvaient vivre dans l'estomac en présence d'acide, et tout le monde avait oublié ça."

L'ironie historique ne s'arrête pas là. Alfred Nobel lui-même, fondateur des prix éponymes en 1901, souffrait probablement d'un ulcère à H. pylori. "Il avait toujours des indigestions, des maux de tête et des épisodes dépressifs", explique Marshall. "Il y avait beaucoup de gens au XIXe et au début du XXe siècle qui passaient leur vie entière avec un ulcère, mais on ne pouvait pas le diagnostiquer."

L'auto-expérimentation du 10 juillet 1984

En 1983, Warren et Marshall soumettent leurs premiers résultats à la Société australienne de gastroentérologie. Ce qui suit est l'une des humiliations scientifiques les plus spectaculaires de l'histoire moderne. "Les gastro-entérologues n'ont pas cru un mot de ce que je disais", se souvient Marshall. La lettre de refus est devenue légendaire : "67 abstracts ont été soumis, nous ne pouvions en accepter que 56. Malheureusement, le vôtre était parmi ceux du bas du classement. Vous n'aurez même pas de poster. Continuez votre bon travail." Marshall conserve précieusement cette lettre et rigole encore : "Ils ne nous ont même pas donné de poster !"

Frustré par le scepticisme et l'impossibilité de créer un modèle animal fiable, Marshall prend une décision radicale. "J'ai décidé que j'allais devoir boire les bactéries moi-même. Je pensais que je n'aurais simplement aucun symptôme pendant quelques années, après quoi j'aurais un ulcère."

La préparation se fait dans le plus grand secret. "Il est plus facile de demander pardon que la permission", philosophe Marshall. Sa femme n'est pas au courant. Son chef d'endoscopie accepte de faire l'endoscopie de contrôle.

🗓️ 10 juillet 1984 : Le jour historique

Le cocktail : Neil Noakes prépare le mélange - bactéries d'une boîte de Pétri mélangées à de l'extrait de bœuf tiède.

L'ingestion : "C'était comme une suspension de deux boîtes de culture de l'organisme", précise Marshall. "Si seulement j'avais su que les gens seraient si intéressés par la suite, j'aurais pris une photo !"

Réaction de l'équipe : "Mes techniciens de labo étaient horrifiés."

Les symptômes arrivent rapidement : jour 3, nausées et mauvaise haleine signalée par sa mère. Jour 5, ballonnements et perte d'appétit. "J'ai commencé à avoir des ballonnements et une sensation de plénitude après le repas du soir, et mon appétit a diminué. Mon haleine était mauvaise et je vomissais un liquide clair et aqueux, sans acide, chaque matin vers 6h00."

L'endoscopie de contrôle révèle une gastrite aiguë sévère avec présence d'H. pylori. Mission accomplie. Marshall vient de prouver que cette bactérie provoque bien une inflammation gastrique, première étape vers l'ulcère.

Le test CLO : révolution née dans une buanderie

Mais Marshall a un autre coup de génie. Observant comment H. pylori survit grâce à son enzyme uréase qui neutralise l'acidité, il développe un test diagnostique révolutionnaire. Et là, l'histoire devient surréaliste :

Mes parents avaient une piscine, alors on a pris de l'urée chez Bunnings [la chaîne de magasins de bricolage australienne] - c'est juste un engrais de jardin - et on a pris de la gélatine et le kit de test de pH de mon père avec des comprimés tampons. On a mélangé un petit mélange et avant qu'on s'en rende compte, on était en train de produire un test diagnostic dans la buanderie de maman.
Barry Marshall

Premier jour de test à l'hôpital de Fremantle. Marshall confie le protocole à la secrétaire de l'endoscopie : "Nous sortions avec la biopsie et on la donnait à la secrétaire, et je disais : 'Fais ça et ça, mets-la dans ce tube d'essai et après 20 minutes, décide juste si ça change de couleur.'"

Résultat stupéfiant : la secrétaire fait 9 bonnes réponses sur 10, les gastro-entérologues expérimentés 5 sur 10. "On ne pouvait pas vraiment dire si vous aviez l'infection à moins de faire une sorte de test."

L'erreur financière de Delta West

Marshall brevette son invention et s'associe avec Delta West, l'incubateur technologique de Perth. Mais Delta West commet une erreur financière monumentale. Quand Marshall demande une avance de 3000 dollars australiens pour les frais de brevet, ils refusent. "Pouvez-vous me donner un peu d'argent ? Je dois 3000 dollars à mon père parce que j'ai breveté ça." Réponse de Delta West : "Oh non, on ne donne jamais d'argent à personne."

Marshall, philosophe : "Ça a été une grosse erreur pour eux, parce que ces 3000 dollars se sont révélés plutôt insignifiants comparés aux royalties que j'ai touchées beaucoup plus tard."

Plus cocasse encore : Marshall découvre les marges quand les tests sont commercialisés. "J'ai découvert que je touchais genre 10 centimes sur ces tests quand ils étaient vendus via Delta West, mais ils se vendaient comme des petits pains en Amérique. J'ai découvert que les représentants commerciaux touchaient un dollar !"

Le test CLOtest - acronyme de "Campylobacter-Like Organism test", du nom initial de la bactérie avant qu'on la rebaptise Helicobacter - devient un succès mondial. "Il y a des millions de ces tests faits chaque mois dans le monde, probablement 20 ou 30 millions par an", estime Marshall aujourd'hui.

Test CLO développé par Marshall : changement de couleur révélant la présence d'H. pylori

Le test CLO de Marshall : révolution diagnostique née dans une buanderie familiale

La résistance du monde médical

Pendant que Marshall développe ses tests, le monde médical reste sceptique. Pendant exactement un siècle, toute la médecine mondiale était d'accord : les ulcères gastriques résultaient du stress, du café, des épices et de la vie moderne. Les gastro-entérologues prescrivaient du repos et des vacances, les psychiatres des anxiolytiques, et l'industrie pharmaceutique vendait pour 5 milliards de dollars d'anti-acides par an.

Glaxo, SmithKline, Beecham... tous ces géants s'enrichissaient sur le dogme que l'acidité gastrique était l'ennemi numéro un de l'humanité. Tagamet et Zantac étaient devenus les médicaments les plus prescrits au monde.

La révolution qui dérangeait

"On était tellement au-dessus des types locaux que c'en était agaçant pour eux", se souvient Marshall. "J'étais juste un petit médecin junior dans l'un des hôpitaux, et je disais : 'Bon, j'ai vu seulement 40 ulcères dans ma vie, mais j'en sais 10 fois plus sur les ulcères que vous qui en avez vu 10 000.'"

La prise en charge moderne des ulcères

Aujourd'hui, en 2025, la prise en charge des ulcères gastro-duodénaux suit des protocoles précis basés sur les découvertes de Marshall et Warren. Permettez-moi de vous expliquer comment nous procédons maintenant aux urgences.

Définition et facteurs de risque

Un ulcère gastro-duodénal est défini comme une perte de substance de la paroi gastrique dépassant la sous-muqueuse - contrairement aux simples érosions de la muqueuse. Les facteurs d'agression incluent H. pylori (bacille Gram négatif résistant à l'acidité gastrique par son activité uréasique), les AINS, la maladie de Crohn, et le stress métabolique intense.

Révolution conceptuelle

Contrairement aux idées reçues de l'époque de Marshall, le stress psychologique n'est pas un facteur de risque d'ulcère ! Cette croyance, ancrée pendant un siècle, était complètement fausse.

💊 Qu'est-ce que les IPP ?

Les IPP (Inhibiteurs de la Pompe à Protons) sont des médicaments qui bloquent la production d'acide gastrique en inhibant l'enzyme H+/K+-ATPase des cellules pariétales gastriques.

Exemples : oméprazole (Mopral®), ésoméprazole (Inexium®), lansoprazole (Lanzor®), pantoprazole (Inipomp®).

Révolution : Développés dans les années 1980, ces médicaments permettent une cicatrisation rapide des ulcères en normalisant le pH gastrique.

Un cas clinique récent

Il y a quelques mois aux urgences, j'ai vécu une situation qui illustre parfaitement l'évolution de notre approche depuis Marshall. Une patiente arrive en journée avec des épigastralgies atroces qui durent depuis 48 heures. L'interrogatoire révèle un cocktail explosif : elle est hémophile connue et prend 10 comprimés d'ibuprofène par jour depuis 5 ans.

Pourquoi cette automédication massive ? Aucun dentiste ne veut la prendre en charge à cause de son hémophilie, alors elle gère ses rages de dents chroniques avec des anti-inflammatoires en overdose. Cocktail diabolique : hémophilie + AINS à haute dose = risque hémorragique majeur.

Surtout, pas de contracture abdominale, donc pas de contre-indication à l'endoscopie - car en cas de suspicion d'ulcère perforé, jamais d'endoscopie avant scanner ! Avant même de penser à rechercher H. pylori, j'ai dû faire un scanner thoraco-abdominal pour éliminer un ulcère perforé. Ici, pas besoin de chercher Helicobacter : la cause était évidente !

Clinique moderne

La clinique de l'ulcère est trompeuse : les douleurs typiques (épigastriques avec "faim douloureuse" calmée par l'alimentation, sans irradiation, 1 à 3 heures après les repas, cycliques) ne se retrouvent que dans 50% des cas ! 20% des ulcères sont même totalement asymptomatiques. Les formes atypiques sont fréquentes, avec des douleurs dans les hypocondres, une irradiation dorsale, ou des formes hyperalgiques.

Quand faire une endoscopie œsogastroduodénale ?

  • Patient > 50 ans
  • Signes d'alarme (dysphagie, amaigrissement)
  • IPP inefficaces
  • Attention : Jamais d'endoscopie en urgence si contracture abdominale - scanner d'abord !

Recherche d'Helicobacter pylori

Quand rechercher H. pylori ? En cas de lésion visible à l'endoscopie, avant la prise d'AINS au long cours, avant une chirurgie bariatrique, en cas d'antécédents familiaux d'ulcère ou de cancer gastrique, ou devant une carence martiale inexpliquée.

Si pas d'endoscopie prévue, on utilise les tests non invasifs que Marshall a contribué à développer :

Tests non invasifs pour H. pylori

Test respiratoire à l'urée marquée au carbone 13 : Gold standard pour vérifier l'éradication. L'idée géniale de Marshall : on fait avaler des perles d'amidon enrobées d'urée marquée. Si H. pylori est présent, son enzyme uréase libère du CO2 marqué qui sort par les poumons.

Recherche d'antigènes fécaux

Sérologie : Reste positive même après traitement, donc inutile pour le contrôle

Traitement moderne

Le traitement des ulcères suit des règles précises :

Ulcères gastriques : IPP pleine dose pendant 4 à 8 semaines, avec endoscopie de contrôle obligatoire car les ulcères gastriques peuvent masquer un cancer.

Ulcères duodénaux : IPP pleine dose pendant 4 semaines, pas d'endoscopie de contrôle nécessaire car ils ne dégénèrent jamais.

La vraie révolution de Marshall : l'éradication d'H. pylori

Quadrithérapie concomitante (14 jours) :
IPP + amoxicilline + clarithromycine + métronidazole

Alternative - Quadrithérapie avec bismuth (10 jours) :
Oméprazole + sel de bismuth + tétracycline + métronidazole

Important : Le traitement n'est pas urgent. Le contrôle de l'éradication se fait par test respiratoire à l'urée marquée uniquement, jamais par sérologie.

Protocole moderne de quadrithérapie anti-H. pylori selon les recommandations 2025

Protocoles modernes de quadrithérapie - l'héritage direct des découvertes de Marshall et Warren

Le test respiratoire révolutionnaire de Marshall

Marshall a aussi développé le test respiratoire révolutionnaire qui porte son nom. "En cinq minutes, vous commencez à expirer cet isotope si vous avez Helicobacter. C'est si tranché que c'est aussi précis qu'une biopsie."

Ce test révolutionne la prise en charge. "Une fois que vous aviez ces tests disponibles, vraiment en quelques années les ulcères ont juste disparu en quelque sorte", constate Marshall. "Je peux vous dire que je fais maintenant mes recherches non pas sur des humains - je dois sortir l'Helicobacter du congélateur, celui que j'ai gardé d'il y a 10 ans, parce qu'on ne peut pas trouver de nouveaux cas. C'est devenu plutôt rare."

2005 : Consécration et ironie de l'histoire

En 2005, le Prix Nobel couronne enfin les travaux de Marshall et Warren. Réaction de la famille Marshall ? "Boire le plus d'alcool possible le plus vite possible. La première nuit, Robin et moi, on donnait des interviews, et à la fin j'ai dû ramener tout le monde à la maison - ils n'étaient pas assez sobres pour conduire. On était les deux seuls qui n'avions rien bu. Il s'avère qu'on ne peut pas avoir la gueule de bois tous les deux jours quand on a gagné le Prix Nobel !"

L'anecdote la plus touchante concerne DO Hayes, l'infirmière de gastroentérologie qui, en 1982, avait fait cuire une assiette en céramique avec une image d'Helicobacter pylori et "Prix Nobel" écrit sur le bord. "Elle était la première à décider que ça valait le Prix Nobel, des années avant qu'on l'entende de qui que ce soit d'autre."

Barry Marshall et Robin Warren recevant le Prix Nobel de Médecine 2005

Stockholm, 2005 : Marshall et Warren couronnés par le Prix Nobel - reconnaissance tardive mais méritée

L'héritage complexe

Mais Marshall a ouvert une boîte de Pandore : les résistances antibiotiques émergent, et nous découvrons qu'H. pylori pourrait protéger contre les allergies et le reflux. Cette bactérie compagne de l'humanité depuis 50 000 ans pourrait être "un partenaire d'entraînement important pour notre système immunitaire", selon Marshall.

La prochaine fois que vous prenez des antibiotiques pour éradiquer H. pylori, pensez à ce gamin de Kalgoorlie devenu champion de yo-yo et à ce pathologiste obstiné de Perth qui ont révolutionné la médecine - l'un en buvant sa propre culture bactérienne, l'autre en refusant de croire les manuels.

Pensez aux milliers de chirurgiens qui ne font plus d'ulcérectomies. Pensez aux milliards d'humains qui ne passent plus leur vie avec des douleurs gastriques inexpliquées.

Et surtout, pensez que la science progresse un estomac à la fois. Barry Marshall et Robin Warren vous regardent, du haut de leur Nobel partagé, avec ce petit sourire australien de ceux qui savaient qu'ils avaient raison depuis le début.

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